L’IA, ou la chasse aux gains de productivité fantômes | Mediapart
« les gains de productivité « ressentis » sont très supérieurs aux gains de productivité réels de l’IA. Cela est le cœur même du « paradoxe de la productivité » de l’économie contemporaine : l’impact des technologies est surévalué par la « hype » (la forte pression marketing) qui l’entoure. Mais les effets concrets sont relativement faibles. »
C’est bien la conclusion à laquelle est parvenu l’économiste du Massachusetts Institute of Technology Daron Acemoğlu, en 2025, dans l’étude la plus complète à ce jour sur la question. Il estimait que l’apport de gains de productivité par an sur les dix prochaines années serait, au total, compris entre 0,55 % et 0,71 %. Une goutte d’eau. Et clairement un niveau insuffisant pour financer l’actuelle bulle de l’IA.
Le fossé entre le processus de production de l’IA et son processus de valorisation pourrait devenir insurmontable. Tout l’édifice financier et concret qui se construit en ce moment risque de s’effondrer. La fuite en avant actuelle représente donc un danger considérable. Non contente de représenter une folie écologique et sociale, l’IA pourrait entraîner le monde dans une nouvelle crise décennale, alors même que nous ne sommes pas sortis de celle de 2008.