« L’élève sera le client » : aux Etats-Unis, l’école selon Jeff Bezos, Mark Zuckerberg et Elon Musk
Une telle start-up élitiste ne trouverait pas grâce aux yeux des partisans de l’école publique aux Etats-Unis. « Plutôt que des fondations vaniteuses, il faut une taxation des milliardaires pour financer des classes avec moins d’élèves », assume M. Molnar. Et aussi améliorer les conditions de travail des enseignants et les laisser gérer l’éducation personnalisée, énumère Mme Debs. « La philanthropie des milliardaires de la tech ne sera jamais qu’une goutte d’eau par rapport aux 750 milliards de dollars de dépenses publiques annuelles dans l’éducation aux Etats-Unis, souligne-t-elle. M. Bezos devrait appeler à une réforme finançant des maternelles pour tous. » Une telle mesure était incluse dans l’ambitieux plan d’infrastructures présenté par le président américain, Joe Biden, fin 2021. Mais celui-ci n’a finalement pas été voté.
Technomilliardaires : "Leur imaginaire a été colonisé par les libertariens"
Pour commencer cette émission, une image : les satellites de télécommunications lancés par Elon Musk, qui strient le ciel et perturbent l’observation des planètes pour les astronomes. Une image symbole. Comment les milliardaires de la "tech", Elon Musk, Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg, veulent-ils changer et le monde et nos vies, de nos activités numériques jusqu’à la conquête de la planète Mars ? Comment les médias se laissent-ils bercer par ces contes de fée expansionnistes à l’heure de l’urgence climatique ? Comment les fantasmes de ces technomilliardaires pourraient-ils entraîner les structures étatiques par le fond ? C’est le sujet de cette dernière émission d'été, avec Thibault Prévost, notre technocritique maison, auteur des chroniques Clic gauche que vous êtes nombreux et nombreuses à lire et à apprécier, et un invité, Jonathan Bourguignon, entrepreneur dans le numérique mais aussi auteur d'articles critiques sur l'idéologie de la Silicon Valley et auteur du livre "Internet, année zéro" (Divergences, 2021) où il raconte comment la contre-culture californienne a finalement donné naissance aux Gafam.